
Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées : l’homélie du père José
Suite à plusieurs demandes, nous avons pris la décision de transcrire l’homélie du Père José, notre curé, prononcé, dimanche dernier, en l’église saint Pierre d’Avon à l’occasion de la Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées. Pour mémoire, cette célébration de l’Église catholique a été instituée par le pape François pour honorer et reconnaître le rôle important que jouent les grands–parents et les personnes âgées dans la société et les communautés ecclésiales :
« Si Dieu nous adressait aujourd’hui la même question qu’à Salomon : « Demande-moi ce que tu veux que je te donne », que répondrions-nous ?
Nous penserions peut-être à la santé, à la paix dans nos familles, à la réussite de nos enfants, à un peu plus de sérénité dans un monde si agité.
Salomon, lui, demande tout autre chose. Il ne réclame ni richesse, ni pouvoir, ni une longue vie. Il demande « un cœur qui écoute », un cœur capable de discerner le bien du mal.
Voilà le premier enseignement de cette liturgie : la vraie sagesse consiste à reconnaître ce qui est essentiel.
Cette sagesse, nous avons souvent la chance de la rencontrer auprès des personnes qui ont vécu. Elles savent, mieux que quiconque, que le temps finit par dépouiller ce qui est superficiel. Avec les années, les succès passent, les biens matériels perdent de leur éclat, mais demeurent les liens d’amour, la fidélité, la foi, la confiance en Dieu.
C’est pourquoi il est particulièrement heureux que, en ce dimanche, nous célébrions la Journée mondiale des grands-parents et des personnes d’un certain âge voulue par le pape François. Il rappelait souvent que « nos aînés sont la mémoire d’un peuple » et qu’« un peuple qui oublie ses anciens perd son avenir ».
Dans l’Évangile, Jésus nous parle d’un trésor caché dans un champ, d’une perle de grand prix et d’un filet qu’on jette dans la mer.
Les deux premières paraboles, celles du trésor caché dans le champ et celle de la perle de grand prix, sont très courtes, mais ces deux paraboles disent l’essentiel. Lorsque quelqu’un découvre le Royaume de Dieu, tout le reste change. Non pas parce que les autres réalités deviennent mauvaises, mais parce qu’il a enfin trouvé ce qui donne sens à toute son existence.
Le détail le plus beau est peut-être celui-ci : l’homme vend tout ce qu’il possède avec joie. La rencontre avec Dieu n’appauvrit pas ; elle enrichit. Elle ne retire pas le bonheur ; elle le fait naître.
Combien de grands-parents ont vécu cela sans employer de grands discours ! Ils ont découvert que leur véritable trésor n’était pas ce qu’ils possédaient, mais les personnes qu’ils aimaient et le Seigneur qu’ils avaient appris à suivre.
Beaucoup d’entre nous gardent certainement en mémoire une grand-mère qui nous apprenait le signe de la croix, un grand-père qui nous conduisait à la messe, une personne âgée qui priait fidèlement son chapelet ou qui savait accueillir chacun avec bienveillance. Ces gestes simples sont souvent les plus beaux héritages.
Nos aînés ne transmettent pas seulement des souvenirs ; elles transmettent une espérance. C’est pourquoi ils ne sont pas seulement des bénéficiaires de notre attention ; ils sont aussi des témoins dont notre Église a besoin.
La dernière parabole, celle du filet jeté dans la mer, nous rappelle enfin que Dieu rassemble tous les hommes. Dans son Royaume, personne n’est inutile, personne n’est de trop. Chaque âge de la vie est une bénédiction :
L’enfance nous apprend la confiance. La jeunesse nous donne l’élan. L’âge adulte construit et sert. Les personnes âgées offrent la mémoire, la sagesse et souvent une foi devenue plus profonde.
Demandons aujourd’hui au Seigneur le cœur de Salomon : un cœur qui sait écouter Dieu et écouter les autres. Prions pour tous les grands-parents et tous nos aînés. Rendons grâce pour leur présence, leur patience, leurs conseils, leurs prières discrètes. Pensons aussi à ceux et celles qui sont seuls, malades ou éprouvés ; que notre communauté soit pour eux un signe de la tendresse de Dieu. Et surtout, demandons la grâce de reconnaître le véritable trésor dont parle Jésus : le Royaume de Dieu déjà présent au milieu de nous. C’est ce trésor que nos aînés ont souvent reçu avant nous, qu’ils ont gardé fidèlement et qu’ils nous transmettent aujourd’hui. Puissions-nous, à notre tour, le recevoir avec joie et le transmettre à ceux qui viendront après nous. AMEN ».
Père José+