« Dieu est libre et généreux »

A travers cette parabole, saint Matthieu choisit de rappeler aux chrétiens issus du judaïsme qu’ils n’ont pas à juger, encore moins à jalouser les nouveaux bénéficiaires du salut donné en Jésus alors même que ces derniers n’ont pas eu à porter le fardeau de la Loi.

Ce message nous est aussi adressé à nous, aujourd’hui, dans la mesure où l’évangéliste nous rappelle que c’est le maître du domaine – autrement dit Dieu lui-même – qui, par cinq fois, sort pour embaucher des ouvriers pour sa vigne. Jésus nous apprend que c’est Dieu qui, le premier, se met à la recherche de l’homme, inlassablement, sans jamais se décourager. Je pense particulièrement ici aux parents, aux grands-parents qui se désolent parfois en voyant leurs enfants et petits-enfants s’éloigner de la foi. Qu’ils se disent alors que Dieu ne les abandonne pas, Il ne les « lâche » pas. Il agit toujours, très secrètement c’est vrai, dans la profondeur de leur être, pour que ce soit, un jour peut-être à la dernière heure, son amour qui dise le dernier mot de leur vie. C’est un appel à l’espérance qui voit au-delà des apparences.

Cette parabole nous rappelle ensuite, vigoureusement, que la justice de Dieu n’est décidément pas la même que notre justice humaine. Pour nous, être juste, c’est rendre à chacun ce qui lui est dû. Mais Dieu, Lui, est « juste » quand Son action est « ajustée » à Son être. Et comme Son être, c’est d’aimer, Dieu est juste quand Il aime. C’est un bouleversement complet, j’en conviens. Jésus nous invite, une fois de plus, à une conversion non pas d’abord de notre « morale », mais de notre foi et de notre regard sur Dieu. C’est alors seulement que nous pourrons à notre tour nous « ajuster » sur Lui.

Père José