
Meqbouine, les hôtes de Toumliline
Le dimanche 7 juin 2026 après-midi six membres de notre groupe MCR (Mouvement Chrétien des Retraités) du Pôle de Fontainebleau ont répondu présents, comme d’autres paroissiens, à l’invitation à une rencontre autour du film « Meqbouline, les hôtes de Toumliline » présenté par sa réalisatrice Izza Edery-Génini à la synagogue.
Ce documentaire retrace l’histoire du monastère fondé au Maroc en 1952 à Toumliline par des moines bénédictins, qui fut le lieu d’un intense dialogue entre les trois religions monothéistes.
La réalisatrice donne la parole aux anciens accueillis et formés à l’époque par les moines. Ils ont fait de nous ce que nous sommes dit l’un d’eux. Le film explore en quoi l’intégration de ces moines au Maroc est le révélateur d’une rencontre entre une spiritualité marocaine ancienne, juive et musulmane, avec une spiritualité chrétienne, rencontre qui s’est traduite par une acceptation mutuelle.
Un débat a suivi sur le thème : comment « l’esprit de Toumliline » peut-il nous inspirer aujourd’hui pour faciliter l’acceptation mutuelle et la coexistence dans le respect de l’altérité ?
L’église catholique était représentée par le frère Olivier du Couvent des Carmes d’Avon.
Le rabbin franco-marocain Michel SARFATY a insisté sur ce qu’il considère comme être notre plus importante tâche à assumer : la transmission auprès des jeunes, afin qu’il y ait plus de TOLÉRANCE, voire de RECONNAISSANCE l’un de l’autre.
Il a aussi mentionné son expérience particulièrement intéressante avec l’évêque Guy Herbulot sur le diocèse d’Evry où ils ont été à l’origine d’une première dans l’Eglise catholique en France, en formant au judaïsme les encadrants de la catéchèse de façon à déconstruire les préjugés et l’antijudaïsme traditionnels et à comprendre les racines juives du christianisme. Cette démarche s’inscrit dans les orientations de la déclaration Nostra Aetate du concile Vatican 2 sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes.
La jeune réalisatrice musulmane franco-marocaine de BOBIGNY, Bouchera Azzouz, a témoigné de sa formation comme élève dans un établissement catholique. Elle invite à réapprendre à écouter l’autre, celui qui est différent, pour mieux le connaître au lieu de se laisser polluer par les discours haineux dominants.
Philippe Meillan