Une immense peine et une profonde déception !
Le résultat des votes concernant la loi sur la fin de vie m’a plongé dans une tristesse profonde et une immense déception. Ce qui vient d’être décidé dépasse largement le cadre d’un débat technique ou juridique : c’est une véritable rupture anthropologique, un renversement radical de nos repères fondamentaux.
Nous assistons à l’installation progressive d’une culture de la mort, qui prétend répondre à la souffrance en proposant la suppression de celui qui souffre. Cette logique est dangereuse. Elle déforme notre regard sur la fragilité, la dépendance, la vulnérabilité. Elle laisse entendre que certaines vies ne vaudraient plus la peine d’être vécues, qu’il existerait des existences devenues inutiles, trop lourdes, trop coûteuses, trop dérangeantes.
Pourtant, la loi Clay-Leonetti, aménagée et correctement appliquée, offrait déjà un cadre profondément humain, respectueux de la dignité de la personne, attentif à la douleur, et soucieux d’éviter l’acharnement thérapeutique. Elle permettait un accompagnement digne, une prise en charge palliative renforcée, une écoute réelle de la souffrance. Elle était un équilibre fragile, mais juste. Elle aurait largement suffi si les moyens humains, médicaux et financiers avaient réellement été engagés.
Mais ce n’était manifestement pas cela qu’ils voulaient. Ils voulaient l’euthanasie. Et ils l’ont eue.
Ce glissement n’est pas anodin. Il change profondément notre rapport à la vie. Il transforme la médecine, appelée depuis toujours à soigner, soulager, accompagner, en un pouvoir de donner la mort. Il bouleverse le lien de confiance entre soignants, patients et familles. Il installe dans nos consciences l’idée que la mort peut devenir une solution.
Face à cette dérive, je veux réaffirmer avec force que la Vie est un don sacré, créée par Dieu, et qu’elle garde une valeur infinie, quelles que soient les circonstances. Même dans la fragilité, même dans la douleur, même au seuil de la mort, la personne humaine demeure digne, aimable, précieuse. Dieu n’a pas dit son dernier mot. La mort n’est pas l’horizon ultime, et la souffrance ne doit jamais être prétexte à l’abandon.
Plutôt que d’ouvrir la porte à l’euthanasie, nous aurions dû choisir massivement l’investissement dans les soins palliatifs, l’accompagnement, la présence, l’écoute, la solidarité. Nous aurions dû bâtir une société capable d’entourer ses plus faibles, non de les éliminer sous couvert de compassion.
Je reste convaincu que ce combat est loin d’être terminé. Il se jouera dans les consciences, dans l’éducation, dans l’engagement quotidien auprès des personnes fragiles, dans le témoignage silencieux mais puissant de ceux qui accompagnent jusqu’au bout avec amour.
Car la dignité humaine ne se vote pas. Elle se reconnaît. Elle se protège. Elle se sert.