Donne-moi à boire

La soif traverse toutes les lectures de ce dimanche. Soif physique du peuple dans le désert, soif spirituelle du cœur humain, soif de Dieu pour chacun de nous.

Dans le livre de l’Exode, le peuple récrimine : « Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? » La soif devient prétexte au doute, à la colère, à la tentation du découragement. Combien de fois, dans nos propres déserts, la fatigue, l’épreuve ou l’attente prolongée nous font poser la même question ?

Le psaume nous rappelle alors l’essentiel : « Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur. » Dieu n’est pas absent. Il attend que nous ouvrions notre cœur, même quand tout semble sec autour de nous.

Saint Paul nous révèle la source cachée : l’amour de Dieu « a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint ». Cet amour ne dépend ni de nos mérites ni de nos forces. Il nous précède, nous relève, nous accompagne, même lorsque nous sommes faibles.

Enfin, l’Évangile nous offre une scène bouleversante : la rencontre de Jésus avec la Samaritaine. Jésus se fait mendiant : « Donne-moi à boire ». En réalité, c’est lui qui vient combler la soif la plus profonde de cette femme, et la nôtre. Il connaît ses blessures, ses errances, ses déceptions, mais il ne la juge pas. Il lui révèle sa dignité, sa capacité à devenir témoin : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ».

En ce temps de Carême, nous sommes invités à reconnaître nos soifs : soif de paix, de sens, de réconciliation, de joie vraie. Jésus ne promet pas une vie sans désert, mais une eau vive capable de traverser toutes les sécheresses.

Que ce Carême soit pour chacun un temps de rencontre, de vérité et de renouvellement, afin que notre communauté paroissiale devienne, à son tour, une source où d’autres viendront boire.

 

Père José