
Loi sur la fin de vie : une rupture avec la Déclaration des Droits de l’Homme
Le premier alinéa du Préambule de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) affirme : « La reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde. »
Cette formulation repose sur une anthropologie personnaliste. La dignité est inhérente : elle appartient à l’être humain du seul fait qu’il est humain.
Elle est inaliénable : elle ne se perd jamais, quelles que soient les conditions physiques, psychiques ou sociales.
Elle est égale : elle ne dépend ni des capacités, ni de l’autonomie, ni de l’utilité sociale.
Dans les débats actuels autour de la loi sur la fin de vie (aide active à mourir/suicide assisté), l’anthropologie sous-jacente est différente, voire opposée sur plusieurs points fondamentaux. On observe un glissement vers une conception subjective de la dignité (liée au ressenti personnel), fonctionnelle de la personne (capacité à vouloir, décider, être autonome), conditionnelle de la valeur de la vie (qualité de vie jugée suffisante ou non).
Ainsi, la dignité tend à être comprise non plus comme inhérente, mais comme la possibilité de vivre conformément à ce que la personne estime être une vie digne.
Ma conclusion : non, la conception anthropologique de la loi sur la fin de vie ne correspond pas pleinement à celle du préambule de la DUDH.
On passe d’une anthropologie objective (dignité ontologique, inconditionnelle), à une anthropologie subjectiviste (dignité évaluée par le sujet selon son ressenti).
Conséquence :
– Une personne peut estimer qu’elle a perdu sa dignité, même si elle conserve sa dignité ontologique.
– La demande de mort devient alors interprétée comme un moyen de restaurer une dignité ressentie comme perdue.
Père José +