Les anges dans la liturgie

Les anges dans la liturgie

À Noël, à travers l’assemblée qui entonne à pleine voix l’hymne des anges, ils sont près de la crèche, célébrant la gloire de Dieu qui entre dans l’histoire. Porte-parole de l’émerveillement des hommes devant ce mystère, ils sont aussi les messagers de Dieu. Présents dès la Genèse, à travers l’ange du Seigneur luttant avec Jacob ou arrêtant le bras d’Abraham, ils ouvrent l’Évangile avec l’Annonciation. Loin de tout angélisme, ils dévoilent aux hommes la sollicitude divine en leur suggérant des réponses inattendues et exigeantes. Ils se révèlent de véritables médiateurs de l’attention et de la proximité de Dieu pour l’homme. Quelle place ont-ils aujourd’hui dans nos liturgies ? Quels sens ont-ils dans nos vies ? Que révèlent-ils des liens entre Dieu et l’homme ?

Les anges sont présents dans la Bible. Ainsi sont, en quelque sorte, définis les anges : des esprits, des êtres spirituels dont nous ne pouvons préciser la nature mais que nous connaîtrons par leur fonction. Ils sont « chargés d’une fonction », d’une mission, comme le laisse entendre l’étymologie du mot grec « angellos », messagers). L’ange a aussi la fonction de messager. L’annonce de la naissance de Jésus à Marie est faite par l’ange Gabriel. Ces anges « messagers » sont comme les ambassadeurs de Dieu. Gabriel « force de Dieu », ainsi que Raphaël « Dieu guérit » et Michel « Qui est comme Dieu ? », le chef des anges, sont les seuls dont le nom est donné dans la Bible.

L’Église dit sa foi aux anges gardiens, une notion enracinée dans la Bible, et même dans une parole de Jésus. Voulant prendre soin des petits enfants, Il enseignait en effet que chacun d’eux a un ange pour le protéger et le défendre auprès de Dieu (Mat 18) ; et c’était déjà la confiance du psalmiste : « le Seigneur donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins » (Ps 90).

Les anges font partie de la cour céleste, et leur fonction première est de louer le Seigneur : ils chantent, ils chantent sans fin ! Ainsi, lorsque l’Église chante la gloire de Dieu, liturgie terrestre et liturgie céleste sont en écho, en harmonie. En écho à cette louange incessante du Seigneur par les anges, la liturgie de l’Église les mentionne souvent. Après avoir rappelé que l’existence des anges est « une vérité de foi », le Directoire sur la piété populaire et la liturgie souligne que l’Église a été, à ses débuts, « gardée et défendue par le ministère des anges » et que désormais elle « expérimente constamment la protection mystérieuse et puissante » de ces esprits célestes, qu’elle vénère et dont elle sollicite l’intercession. « Dans la liturgie terrestre nous participons par un avant-goût à cette liturgie céleste qui se célèbre dans la sainte cité de Jérusalem… » dit le Concile. À la messe, les anges sont nommés à plusieurs reprises. La liturgie fait également mention des anges lorsqu’elle célèbre les grands événements du salut ; à Pâques, à l’Ascension, à l’Annonciation, à Noël.

Elle consacre aussi à leur mémoire deux jours particuliers : le 29 septembre a lieu la fête des archanges Michel, Gabriel et Raphaël et le 2 octobre honore la mémoire des anges gardiens auxquels saint Bernard, par exemple, était très attaché.

Père José +